7 mars 2015

Plaque Maurice Ravel 11 rue Louis Rouquier à Levallois



Communiqué de presse*
Refus de la Ville de Levallois d’autoriser la pose d’une plaque à la mémoire de Ravel

Les Amis de Maurice Ravel (association reconnue d'intérêt général) se voient refuser par M. Patrick Balkany, Maire de Levallois, la pose d'une plaque à la mémoire du compositeur Maurice Ravel (1875-1937) au 11 rue Louis Rouquier, bien que :
1° elle dispose de l’autorisation de la copropriété et soit prête à régler la totalité des frais de fabrication et de pose de cette plaque,
2° il s’agisse d’une adresse très importante dans l’activité créatrice du compositeur entre les années 1904 et 1908 : Gaspard de la Nuit, L’Heure espagnole, etc.
Un recours introduit auprès de M. Balkany est resté sans suite.

* Voté en Assemblée générale des Amis de Maurice Ravel (association 1901 reconnue d'intérêt général) réunie le vendredi 20 juin à Paris.

Notification et arguments du refus par M. Stéphane Decreps, adjoint au Maire de Levallois délégué à la Culture
Mail du 25 avril 2014 17h28

« [...] Vous avez bien voulu informer le Maire de Levallois, qui m’a chargé de vous répondre, sur l’avancement de vos démarches en vue de faire apposer une plaque à la mémoire de Maurice Ravel sur la façade d’un immeuble de notre ville, sis 11, rue Louis Rouquier, immeuble où résida le compositeur entre 1904 et 1908 qui y écrivit quelques-unes de ses œuvres.
Vous nous dîtes avoir obtenu l’accord de la copropriété et demandez, aujourd’hui, l’autorisation de la ville.
J’ai le regret de vous informer de notre décision de ne pas donner un avis favorable à votre requête.
Notre décision s’appuie sur trois motifs :
- L’existence d’une autre plaque commémorative à l’endroit ou Maurice Ravel vécut de 1930 à sa mort, à proximité immédiate, cela pouvant induire en confusion le public.
- Si les informations que vous produisez pour motiver votre demande sont assurément intéressantes pour tous ceux qui s’intéressent à la vie et à la l’œuvre de Maurice Ravel, elles ne constituent pas des faits d’une portée historique justifiant un signalement particulier sur un immeuble, par ailleurs, ni classé, ni répertorié au patrimoine historique.
- La ville souhaite privilégier d’autres moyens, notamment numériques, pour valoriser son patrimoine et son histoire. [...] »

Recours des Amis de Maurice Ravel auprès de M. le Maire de Levallois
Courrier postal du 25 avril 2014 resté sans suite

«  [...] Nous vous avouons être fort étonnés du refus de la Ville de Levallois d’autoriser la pose d’une plaque à la mémoire de Maurice Ravel sur la façade de l’immeuble sis 11 rue Louis Rouquier, alors que nous avons obtenu l’autorisation de la copropriété.
1° Parmi les trois arguments invoqués, M. Decreps écrit : « L’existence d’une autre plaque commémorative à l’endroit où Maurice Ravel vécut de 1930 à sa mort, à proximité immédiate, cela pouvant induire en confusion de public ».
La plaque qui honore Maurice Ravel aujourd’hui au 16 rue Louis Rouquier à Levallois est apposée a) sur un immeuble qui n’est pas celui d’origine (détruit vers 1990)* à la différence de l’immeuble du 11 rue Louis Rouquier où nous voudrions poser une plaque, b) à une adresse où Ravel avait un simple pied-à-terre de 1930 à 1937, et où il n’a pas « vécu » à proprement parler, à la différence de l’immeuble du 11 rue Louis Rouquier où le compositeur vécut quatre ans et quelques mois de 1904 à 1908.
2° Surtout, M. Decreps nous écrit : « Si les informations que vous produisez pour motiver votre demande sont assurément intéressantes pour tous ceux qui s’intéressent à la vie et à l’œuvre de Maurice Ravel, elles ne constituent pas des faits d’une portée historique justifiant un signalement particulier sur un immeuble, par ailleurs, ni classé, ni répertorié au patrimoine historique ».
Ceux qui s’intéressent à la vie et à l’œuvre de Maurice Ravel, au-delà des membres de notre association, ne sont que quelques millions dans le monde. Maurice Ravel est l’un des meilleurs atouts de la culture française et du patrimoine musical mondial. Comme vous devez le savoir, Maurice Ravel est l’un des musiciens les plus reconnus et joués à travers la planète. Le monde entier nous l’envie. Chaque année des milliers de visiteurs viennent spécialement en France dans le seul but de visiter le Musée Maurice Ravel de Montfort-l’Amaury dans les Yvelines. Maurice Ravel, trois quarts de siècle après sa disparition, continue de fasciner les mélomanes et il figure d’ailleurs année après année au palmarès établi par la Sacem des meilleures ventes hors de nos frontières. La Ville de Levallois devrait s’enorgueillir de ce que Maurice Ravel, l’une des personnalités qui contribue aujourd’hui et contribuera demain au rayonnement de la France, y ait composé du printemps 1904 à l’automne 1908 une dizaine d’œuvres d’une portée universelle :

1. Sonatine (1903-1905), pour piano ;
2. Cinq mélodies populaires grecques et Tripatos (1904-1907) pour voix et piano ;
3. Introduction et Allegro (1905), septuor pour quatuor à cordes, harpe et clarinette ;
4. Noël des Jouets (1905), pour voix et piano ainsi que pour voix et orchestre ;
5. Cinq Histoires naturelles (1906) de Jules Renard (I. Le Paon, II. Le Grillon, III. Le Cygne, IV. Le Martin-Pêcheur, V. La Pintade), pour voix et piano ;
6. Une barque sur l'océan (1906) pour orchestre ;
7. Vocalise-étude en forme de Habanera (1907) pour voix et piano ;
8. L'heure espagnole (1907), opéra-comique sur un livret de Franc-Nohain créé à l’Opéra-Comique le 19 mai 1911 ;
9. Rapsodie espagnole (1907-1908) pour orchestre, en 4 parties (I. Prélude à la nuit, II. Malagueña, III. Habanera, IV. Feria) ;
10. Gaspard de la nuit (1908), cycle de trois pièces pour piano (I. Ondine, II. Le Gibet, III. Scarbo).

Sachez qu’il ne se passe pas de semaine sans que les œuvres qu’il a composées au 11 rue Louis Rouquier (adresse où le père du musicien est d’ailleurs décédé en octobre 1908) entre 1904 et 1908 soient jouées quelque part en France ou hors de nos frontières.
[...] »


Médias

  1. Article de Rémi Noyon, « Dans la ville de Balkany, Maurice Ravel est à côté de la plaque », Rue89 (groupe Le Nouvel Observateur), mardi 24 juin 2014 12h41 actualisé à 14h05. http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/06/24/ville-balkany-maurice-ravel-est-a-cote-plaque-253161
  2. Communiqué repris sur les ondes de France Musique dans les Dépêches Notes de Clément Rochefort mardi 24 juin 2014 à 13h30, 16h et 18h que vous pouvez réentendre grâce au lien suivant (placer le curseur sur les horaires indiqués ci-dessus) : http://www.francemusique.fr/emission/depeches-notes/2013-2014/depeches-notes-du-24-juin-2014-06-24-2014-16-00
  3. Rubrique « Maurice Ravel, Patrick Balkany et les plaques… » de l'article-chronique hebdomadaire « Qibuz », Qobuz, lundi 30 juin 2014. http://www.qobuz.com/fr-fr/info/Qibuz/Qibuz-Lundi/QIBUZ-Lundi-30-juin-2014175837 
  4. Article de Valentine Arama, « Levallois-Perret : la plaque de la discorde fâche les admirateurs de Maurice Ravel », Le Parisien, 8 juillet 2014. http://www.leparisien.fr/espace-premium/hauts-de-seine-92/la-plaque-de-la-discorde-fache-les-admirateurs-de-maurice-ravel-08-07-2014-3984871.php
Avec Pierre Dac et Francis Blanche, nous avons pris le parti d'en rire sur l'air du Boléro bien entendu...

fondateur-président
amisderavel(at)gmail.com

* Le musicien Pierre Duvauchelle  (1906-2001), élève de Marguerite Long, lauréat en 1926 d'un 2e Prix du Conservatoire de Paris (obtenu devant un jury dont faisait partie Maurice Ravel), créateur et chef de l'Orchestre de chambre de Paris (nom cédé ensuite à Alexandre Tharaud puis à l'Ensemble de Paris), a tenté en vain d'empêcher, dès le 25e anniversaire de la mort de Maurice Ravel (28 décembre 1962), la démolition de l'immeuble du 16 rue Louis Rouquier. (Sur une photo de presse, avec pour légende « La maison de Ravel sera-t-elle rasée ? », parue dans Le Figaro du 9 janvier 1963, on voit Pierre Duvauchelle montrer l'immeuble finalement détruit vers 1990)